L’inflation est-elle sur le point de resurgir ?
A un moment où on observe une hausse presque généralisée de l’inflation, il est assez naturel de se demander si nous n’avons pas atteint le terme de cette période de faible volatilité de la
croissance et de l’inflation qui a marqué les mandats d’Alan Greenspan à la tête de la Fed et que les économistes ont baptisé de « grande modération ».
Certes, on pourrait considérer que nous sommes simplement confrontés à des chocs isolés affectant les cours des matières premières et les prix des denrées alimentaires, dont les conséquences inflationnistes vont rapidement s’estomper grâce à la flexibilité accrue de nos
économies.
Mais il existe d’autres scénarii plus inquiétants. Après des années de relative modération
salariale, des effets de « second tour » pourraient être déclenchés par des hausses des
anticipations d’inflation ; le processus de mondialisation pourrait être devenu facteur
d’inflation en raison du phénomène de rattrapage des économies en développement ; le
vieillissement des populations de nos économies européennes et la nécessaire lutte contre le
réchauffement climatique pourraient accroître de façon structurelle les tensions
inflationnistes ; la marge de manoeuvre des autorités monétaires pourrait se trouver réduite en
raison de la situation du système financier et bancaire et des risques de ralentissement de la
croissance.
Je souhaite passer en revue ces différents points. Afin d’éviter toute incompréhension, je tiens
toutefois à vous faire part sans attendre de ma conclusion : bien que, manifestement, les
tensions inflationnistes se soient accrues et aient changé de nature, je crois fermement que la
politique monétaire peut encore garantir la stabilité des prix à moyen terme.
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